La peau juste en dessous, feinte d’un vêtement.
De même le discours habille l’éloquence
Où le vide abyssal se gonfle d’importance.
Sous la voûte ravie des tournesols, je dors.
Une douce chaleur peint les pétales d’or
Et sous la brise émue, les têtes dodelinent.
Encore un peu, je vais où mon âme est encline.
Nous étions affamés comme la mer qui gronde,
Érodant peu à peu les illusions du monde,
Arrachant de leur gangue un monceau de diamants…
Que souilla notre orgueil, irrémédiablement.
Je voulais façonner, d’un tas de feuilles mortes,
Un matelas moelleux, de ceux qui réconfortent,
Hélas, un vent mauvais les fit voler ailleurs…
En hâte je me fis, pour l’heure, balayeur.
En face, dans la rue, le bâtiment s’azure
En ouvrant ses volets au fur et à mesure.
Ses fenêtres sont comme des glyphes anciens,
Le sens en est caché, l’art d’un nécromancien.
Cette lumière ambrée qui filtre des fenêtres
A comme un goût de miel et m’aide à disparaître,
Emporté par un flot de poussière dorée.
J’atteins le non-espace… ou j’en suis à l’orée.
J’avais dix ans peut-être et je rêvais dans l’herbe,
Où chaque feuille avait un panache superbe,
À mon vert horizon, surgit, vif, un criquet…
La joie fut dans l’instant que rien ne me manquait.