L’espace de mon cœur se dilate si fort !
Je ne distingue plus le dedans du dehors.
Je m’atomise, élan dans l’azur synoptique
Où la sérénité dévore le tragique.
dimanche 30 novembre 2025
Cœur dilaté
samedi 29 novembre 2025
Dessin d’urgence
Il y avait urgence à dessiner, ce jour
Où le soleil rasait les choses alentour.
J’ébauchais d’un trait vif une foule d’esquisses,
Un chat me regardait dessiner ses vibrisses.
vendredi 28 novembre 2025
Nage en mer
J’ai nagé si longtemps qu’autour l’eau me sublime,
Un courant plus glacé me frôle, de l’abîme.
Ai-je idée, tel oiseau, poisson, de mon état ?
Au-dessus l’albatros, au-dessous, la manta.
jeudi 27 novembre 2025
Mots cairns
Je vois les cairns dressés formant de lents poèmes
Où chaque pierre est mot posé comme l’on sème.
Au bord, je vagabonde et mes pieds me font mal,
Je remonte le cours d’un temps presque animal.
mercredi 26 novembre 2025
Nonnette
La mésange nonnette est morte par grand froid,
Dans le creux de mes mains, coupe gauche d’effroi.
Je sens toujours son corps, ses vaporeuses plumes
En route pour un ciel plus haut… qu’on dit posthume.
mardi 25 novembre 2025
Guitare des bois
Il se posa sur un rocher dans la clairière,
Il prit à deux mains sa guitare singulière,
Et ses mains firent vibrer les cordes tendues…
Dans la forêt le grand frisson s’est répandu !
lundi 24 novembre 2025
Buse et proie
Une buse s’envole au-dessus du brouillard,
Les proies sont en dessous, trottinant quelque part.
Elle, du bout de l’aile, vive, fend la brume
Et moi tout en émoi, pour la proie… je présume.
dimanche 23 novembre 2025
Désir d’azur
Le désir est caché dans un écrin d’ébène
Un seul foulard de soie ne parvient qu’à grand peine
À retenir les ailes de l’oiseau captif…
Et moi, souffle léger, qui joue l’azur rétif…
samedi 22 novembre 2025
Noir et sang
Je foulais vagabond la plage au sable noir,
Yeux clos, gardant le cap sans même le vouloir,
Quand le soleil levant rendit l’aube écarlate,
Et je fus sable, vent, mer, ciel, l’âme béate.
vendredi 21 novembre 2025
Épreuve
La sente est sinueuse et les racines saillent.
Autour, les hêtres noirs souhaitent que je m’en aille
Impossible leur dis-je, il faut que je m’abreuve
À la source cachée, c’est ma dernière épreuve.
jeudi 20 novembre 2025
Galets
Les galets roulent lents dans la neste hivernale,
Ont-ils idée du temps d’errance minérale ?
Leur âme cristalline aurait-elle un secret
Que l’eau seule peut dire à l’océan d’après ?
mercredi 19 novembre 2025
Tarie
La citerne est à sec depuis plus de mille ans.
Les sources sont taries. Je reste, pieds ballants,
Au bord du gouffre noir. Les ondines chuchotent.
Une goutte de pluie s’insinue dans la grotte.
mardi 18 novembre 2025
Déraison
Une balade au crépuscule, rien de tel,
Pour donner vie aux faits étranges, visuels,
Qu’un singulier rayon de lune peut donner.
La raison ne doit pas toujours nous enchaîner.
lundi 17 novembre 2025
Vingt ans
Ne se revoir qu’après vingt ans de négligence,
(Une tranche de vie pavée de mille urgences
Où jamais le présent ne s’invitait à bord)
Nous laissa dans le trouble, entre joie et remords.
dimanche 16 novembre 2025
Forteresse
Ce livre est un château dont les murailles hautes
Intimident tous ceux, comme les internautes,
Habitués à boire aux sources allégées.
Cette pensée profonde, on ne peut la singer.
samedi 15 novembre 2025
L’indécise
Je chérissais toujours la seconde indécise,
Inlassable rocher brisant les vagues grises,
Épaulant la pensée dans sa quête du vrai.
L’indécision laissait passer un peu d’air frais.
vendredi 14 novembre 2025
Earl Grey
À se sentir ainsi dans l’impasse nous rîmes :
Un impossible vers rétif à toute rime.
Alors, ma muse et moi, nous bûmes un earl grey
Les volutes levèrent, douces, les secrets…
jeudi 13 novembre 2025
Vif chaton
Dans l’interstice des pensées inopportunes
Un brin de joie s’était glissé, bonne fortune,
À la manière d’un chaton vif et joueur,
J’oubliai tant mes vérités que mes erreurs…
mercredi 12 novembre 2025
Osier
Sur la rive, l’osier se reflète pluriel,
Ondulant sans frayeur, alliage immatériel,
Oubliant même d’être ou l’image ou l’arbuste,
Le monde oscille autour, dans une danse juste.
mardi 11 novembre 2025
Errants esprits
Un fantôme de moi comme un fantôme d’elle
Au bord de ce canal où l’eau est lente et belle
Errent sans se toucher, le regard dérivant,
Sous la caresse étrange, hivernale, du vent.
lundi 10 novembre 2025
Souvenir d’été
La falaise chauffait sous le soleil rageur.
Je montais cependant. Mon vélo voyageur
Chuintait doucement, l’équilibre précaire
Et gravait le goudron d’un tracé téméraire.
dimanche 9 novembre 2025
Profondeur
J’ai lancé la barcasse au milieu de l’étang,
L’aurore à peine point. Je dérive. Le temps
Pareillement s’étire et j’oublie que la terre
Et les cieux sont autour. Je suis ubiquitaire.
samedi 8 novembre 2025
Porte et clef
Cette clef ne rentrait dans aucune serrure,
On la mit dans un coffre sans clef, par gageure,
Espérant qu’un voleur indiquât le bon huis,
En vain… sans crochetage, tout voleur s’ennuie.
vendredi 7 novembre 2025
Vieille branche
La rivière charria la branche sans écorce
Entre les aulnes las et les saules sans force
Et l’échoua devant mon rivage natal,
Où je me tins longtemps, le doute végétal.
jeudi 6 novembre 2025
Bonne forêt
La forêt me laissa courir sous la ramée,
Le feuillage bruissant comme toute une armée
De fées et de lutins. La fatigue, sereine,
Emporta mes chagrins, par grâce souveraine.
mercredi 5 novembre 2025
Division
La poussière voltige en paillettes cuivrées
Du plafond jusqu’au sol, par un matin navré.
Pareillement mon corps en fétus se fragmente
Et je suis emporté dans la vaine tourmente…
mardi 4 novembre 2025
Par terre
La terre a des senteurs d’humus, de feuilles mortes
Et le soleil blafard la frôle et réconforte.
Oserai-je y marcher ? Le silence s’étend.
Je vais m’y allonger… pour mesurer le temps.
lundi 3 novembre 2025
Arrangement
Se révèle soudain le pur arrangement
Des idées qui flottaient dans un noir firmament.
Quel que soit le regard intérieur que je porte,
Une même clarté m’environne et m’exhorte.
dimanche 2 novembre 2025
Fuyante vérité
La vérité m’est infidèle aux jours mauvais,
Quand la lumière se fait rare et que je vais
Par les chemins de la nature trop humaine.
Il n’y a rien à mettre dans le bas de laine.
samedi 1 novembre 2025
Le grand manoir
Dans les trois dimensions, j’ai le plan qui défile,
Un immense manoir dont les pièces sont mille
Où j’erre en ne sachant quelle cause quérir…
Les ténèbres me font lentement dépérir.