Avoir la tête ailleurs, c’est la juste mesure Entre les différents mondes qui se figurent Être chacun l’unique. Alors n’y être pas, Ou partout, c’est pareil. J’ai cassé le compas.
L’herbe de ma prairie n’est pas une herbe sage. Elle ondule lascive au gré des vents volages Et rien ne la dispose à finir en gazon, Puisse-t-il être doux, le temps des fauchaisons.
L’espace est fascinant, mais les maisons l’emportent Et je reste souvent sur le seuil de la porte À sentir les flux d’air du dehors, du dedans, Comme le chuchotis de secrets obsédants.
Sur la piste de danse un écho rebondit D’une dernière note au bal d’un samedi. La fête se termine et je reste immobile. Un bras mauvais se lève au-dessus du vinyle.
Le joli gazouillis qui me fait la soirée ! Lassé, je trime encor sur mon petit carré De terre et tu poursuis tes trilles, Philomèle ! À la sueur salée, mes larmes s’entremêlent.
À t’entendre ce soir, j’ai deviné ta faim D’être autant que toi-même, ainsi qu’un sable fin Qui cherche à s’assembler dans une seule ampoule, Irrésistiblement, ton âme ainsi s’écoule.