J’entends le flot terreux qui dévale la pente
En gros bouillons cruels, mordant la terre aimante.
En bas, le ruisselet devient ruisseau, rivière,
Il déborde, il s’épand, dans sa hâte ordurière.
lundi 7 octobre 2024
Débord
dimanche 6 octobre 2024
Asphodèle
J’ai vissé l’appareil photo sur le trépied,
Patientant tout le jour s’il le faut, pour épier
Ce fugace moment du pollen qui s’évade
En nuages dorés : l’asphodèle parade.
samedi 5 octobre 2024
Sang dessus dessous
Un ascenseur qui monte, un autre qui descend,
Je suis devant la porte à me tourner les sangs.
Tu es sans doute là, tel un oiseau en cage…
Et moi sur le palier qui ne sais, qui enrage !
vendredi 4 octobre 2024
En salle
Le velours cramoisi des fauteuils se fait tendre
Et dans l’un d’eux je tombe comme un tas de cendres,
À peine brasillant sous le feu de l’écran.
Le film a des longueurs : la mort au plus offrant.
jeudi 3 octobre 2024
Heures
La peine et le plaisir, pareillement, pieds nus,
Sur l’asphalte glacé d’une ville inconnue,
S’entremêlent sans fin. Je poursuis mon errance
Et fuis devant ces heures, leur inélégance.
mercredi 2 octobre 2024
Geste et rime
Ce poème était lu dans la langue des signes
Y compris cet instant du retour à la ligne
Où la rime filait en d’autres dimensions.
Tes mains jouaient dans l’air… si belle traduction !
mardi 1 octobre 2024
Nos touches
De ce piano faut-il qu’elles soient blanches, noires
Et qu’ainsi je choisisse ou l’ébène ou l’ivoire ?
Un air prend la mesure et donne le tempo,
Nous conduit à danser ma peau contre ta peau.