Les êtres se côtoient comme des grains de sable, À se frotter l’un l’autre en légions innombrables Et le sablier coule inexorablement, Passant du tout au tout chacun des éléments.
C’est tout. La vitre est sale et les temps sont petits. Le paysage fond dans l’or anéanti De l’espérance, loin. Les nuages défilent En lourds convois cendrés. Je me perds dans les îles.
Les os de la ribaude ont du mal à tenir La chair encore chaude et le charme à venir. La pluie sur le pavé trempe les escarpins, Fait couler le rimmel et le sourire peint.
De l’an des oliviers la mémoire s’estompe Où tu marchais, menue, avant que tu ne rompes Et le soleil dardait les feuilles argentées, Avec cette folie des astres éreintés.
Il perdit le bon vent, le courant, l’espérance Au noir soleil de mai, rien ne lui portait chance En mer, sur son esquif en bois de jatoba. La vie se fit bien vaine en ce dernier combat…
L’orient de vos yeux des larmes se sublime, Un carré de tissu peut tirer de l’abîme. Il m’est venu d’instinct ce geste d’amitié, L’indifférence tue dans ce joli quartier.